Entrevue Maripier Morin et Alexandre Landry / Critique du film «La chute de l'empire américain»

Alexandre Landry Maripier Morin La Chute de l'empire américain

J'ai eu l'opportunité de rencontrer Maripier Morin et Alexandre Landry pour la sortie du film de Denys Arcand La chute de l'empire américain qui est à l'affiche depuis le 28 juin dernier.

Deux belles rencontres dans le lobby de l'hôtel 71 dans le Vieux-Québec.


Entrevue avec Alexandre Landry

Alexandre, peux-tu nous parler un peu de ton personnage?
Mon personnage c'est un philosophe, un gars qui a étudié. Il a un doctorat en philosophie. Il travaille dans une job de livraison. À travers une livraison, il tombe sur un hold-up où il y a plusieurs morts. Deux gros sacs remplis de cash sont laissés par terre. Sous l'impulsion, il va voler les deux sacs et devra dealer avec ça. Pour pouvoir les utiliser, il va s'entourer de conseillers financiers, qui ont travaillé dans le crime organisé, et d'une escorte. C'est un homme qui est brillant. Ce n'est pas un gars sociable, il a un côté aride, troublé, mais il a est intelligent. Il est confronté avec son éthique morale d'avoir volé de l'argent.

Est-ce que le personnage te ressemble un peu? A-t-il été dur à jouer?
J'ai certains trucs qui peuvent ressembler au personnage, comme son côté candide, naïf et sa grande générosité. Sinon, il y a une caractéristique très différente de moi: son côté asocial, ermite. Il a été très le fun à jouer.

Comment ça été de travailler pour Denys Arcand?
Il y avait de la pression, mais j'aime bien ce genre de défi et c'est ce qu'on souhaite en tant qu'acteur. Avoir des bons textes, des dialogues intéressants et Denys c'est vraiment un dialoguiste bon avec les mots, qui génère aussi beaucoup d'intérêt. Il y a plein de références dans le film que je devais connaître et aussi comprendre, et je me suis beaucoup plongé dans les références des philosophes. Ça c'était cool, ça m'a amené à l'extérieur de ma zone de confort. Après, c'était juste d'avoir du plaisir et de découvrir un autre être humain. Denys c'est un homme très généreux, à l'écoute de son équipe et ça permet à nous, comédiens, de s'offrir pleinement dans les scènes.

On a l'impression que ta carrière prend un bel envol, comment tu perçois tout ça?
Je ne sais pas, oui, c'est un peu l'effervescence. Je ne me fais pas d'idées. Ça fait longtemps que je travaille, au théâtre, des petits trucs ici et là. Pour moi, c'est la continuité des choses, mais pour le fait d'avoir plus de visibilité, on me voit plus. C'est cool aussi, c'est autre chose, je m'adapte.

Quels sont tes projets pour le reste de l'année?
Je fais un film qui s'appelle Le rire, qu'on va être tourné en septembre-octobre-novembre avec Martin Laroche. C'est un scénariste hors-pair. Il fait son film sur le syndrome de la survivante. Je vais jouer avec Léane Labrèche Dor. Ça va être pas mal intéressant, le scénario et tout, j'ai hâte de le jouer.

La 2e saison de Cheval-Serpent sera diffusée à l'automne prochain.

Alexandre Landry entrevue Chute Empire américain
Crédit : Marie-Pier Cliche

Entrevue avec Maripier Morin

C'est ta première expérience cinématographique, comment ça s'est passé?
Bien. En fait, j'ai été chanceuse, parce que je suis arrivée sur un plateau où les gens étaient extrêmement généreux, gentils et accueillants. J'avais un peu peur aussi d'arriver là et de ne pas faire partie de la «gang», mais finalement ce n'est pas du tout ça qui s'est passé; au contraire, les gens m'ont accueillie à bras ouverts. Ils ont tellement été généreux. Tout le monde me donnait des petits conseils, ils étaient protecteurs avec moi. Mon expérience a été du bonbon de A à Z. J'ai eu l'impression d'avoir quatre années d'école en accéléré. Il y a des gens qui disaient: «Ce n'est pas une comédienne, elle n'a jamais fait ça avant», mais j'ai eu la chance de travailler avec des experts. Tu apprends beaucoup avec eux. On est chanceux avec Denys, il prend son temps, on fait des petites journées. Ça nous donne le temps de s'installer, de bien faire les choses. J'ai été vraiment choyée.

Peux-tu nous parler de ton personnage?
Aspasie est une fille qui a été formée pour avoir la vie qu'elle a. Sa mère était monoparentale, elle s'est arrangée pour que sa fille n'aie pas la vie qu'elle a eue. Elle l'a donc inscrite dans les meilleures écoles. Elle envoyait sa fille dans des événements luxueux et mondains de Montréal pour qu'elle puisse rencontrer un homme qui allait avoir de l'argent et lui procurer une sécurité financière, et c'est ce qui est arrivé. À 23 ans, elle s'est mariée à un homme de 48 ans qui l'a battue, violée. Elle ne l'a pas eu facile et quand elle a réussi à se défaire de cette relation qui était complètement toxique, elle était écorchée et maganée, elle s'est demandée ce qu'elle allait devenir étant accro à la richesse. Elle s'est perdue là-dedans.

Tout le long du film, on voit son évolution. D'une fille qui était extrêmement superficielle, qui pense que sa seule valeur réside dans sa beauté et dans l'impact qu'elle peut avoir sur un homme. Elle fini par rencontrer Pierre-Paul (Alexandre Landry) et on la voit évoluer, changer et on sent que sa vision de la vie change aussi. C'est tellement un beau personnage. Elle est extrêmement touchante et elle a une intelligence humaine, ce que Pierre-Paul n'a pas. Lui, c'est une bibitte, un philosophe avec aucune aptitude sociale. Ils font une bonne équipe ensemble et avec le 3e pilier, le personnage de Rémi Girard, qui est un bandit à cravate, ils forment un beau trio qui se complète.

As-tu peur des critiques? Appréhendes-tu les commentaires du public?
Les critiques sont sorties un peu partout dans les médias et c'est très positif. Ça reste que la vraie critique vient du public et des entrées en salle. On espère que les gens vont se déplacer pour aller le voir. Il y a eu énormément de travail là-dedans. Denys, ça lui a pris 4 ans en tout et pour tout pour mettre ce projet à terme. On l'aime le film et on veut que ça marche. Oui, c'est un film policier, t'embarques dans l'histoire et tu veux savoir ce qui va se passer avec l'argent, mais aussi il y a toutes les stratégies sur le regard de notre société, comment on se comporte les uns avec les autres et les erreurs qu'on fait. J'ai l'impression que c'est un film qui ouvre nos œillères. Si on sort de la salle un peu inspiré, avec au moins une petite prise de conscience, on va avoir réussi notre rôle dans le film.

Un mot pour tes fans?
Je les incite à aller voir le film et je leur dis merci de me suivre, de m'écrire sur les réseaux sociaux. C'est tellement le fun ce contact qu'on a grâce aux médias sociaux.

Maripier Morin entrevue Chute Empire américain
Crédit : Marie-Pier Cliche

Critique du film

Du génie québécois.
Denys Arcand sait comment captiver l'auditoire. J'ai ri, j'ai pleuré.

Un film qui nous montre la vraie réalité de la vie. Les pauvres contre les riches. J'ai été émue de voir les scènes d'itinérants. Ça brasse nos valeurs et nous montre dans quelle société on vit. Je crois que le film va bouleverser les gens et les remettre dans la réalité, du moins, je le souhaite. Un film policier avec des acteurs hors-pair. Maripier Morin et Alexandre Landry sont d'un naturel incroyable. Coup de coeur pour Patrick Émmanuel Abellard dans le rôle de Jacmel Rosalbert.

À voir et à revoir.

Psst... oui le titre ressemble à Le déclin de l'empire américain, mais ce n'est pas une suite!

la chute de l'empire américain
Crédit : cinoche.com

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