dimanche, septembre 10, 2017

Le 10 septembre: une date à ne pas oublier

10 septembre journée mondiale prévention suicide
Source : Pexels
Le 10 septembre est une date du calendrier qui a pris de l'importance pour moi au cours des deux dernières années. Auparavant, j'avais conscience de son existence, je croyais être en mesure d'en comprendre son importance, mais la vie me réservait une petite leçon. Quelque chose qui marque l'esprit, qui laisse une boule dans l'estomac et qui te place dans un état d'alerte constant.

T'as écouté la série Trop sur Tou.tv mettant en vedette Virginie Fortin et Évelyne Brochu? On y raconte l'histoire d'Anaïs qui se voit hospitalisée suite à une crise psychotique et qui doit apprendre à vivre avec un trouble bipolaire et les trop (!) fréquents excès de joie, de peine ou de colère. Elle a la chance d'être épaulée dans cette dure épreuve par sa soeur Isabelle qui en fait parfois trop (!) pour l'aider. Une travailleuse sociale les aidera toutes les deux à mettre en place des mécanismes pour avoir une vie saine et apprendre à vivre avec cette maladie.

Moi, je l'ai écouté... j'ai parfois eu mal, j'y ai aussi trouvé du réconfort et surtout je m'y suis reconnue.

Il y a environ deux ans, nos vies (la mienne et celles des membres de ma famille) ont prit un virage important. Suite à une rupture amoureuse particulière difficile, la dépression s'est installée sournoisement au creux de son cerveau. Malgré les heures de consultation psychologique, il s'est isolé de la famille et des amis et son état s'est dégradé. Larmes, crises d'anxiété, rage, idées suicidaires... un tourbillon atroce.

Tous ces mois à se sentir impuissante face à sa détresse. Il faut dire qu'avec les 7h d'avion qui nous séparent, j'avais raison de me sentir désarmée. Non seulement je n'avais pas le pouvoir de faire disparaître cette tristesse profonde, je ne pouvais pas le prendre dans mes bras pour le consoler, me rendre chez lui pour ouvrir les stores et lui faire à manger ou encore prendre soin de sa petite fille le temps qu'il se repose. Toutes ses options m'étaient inaccessibles.

Alors, ce que j'ai trouvé pour me sentir utile c'est d'assurer une présence virtuelle 24/7 en lui partageant des pensées positives, des vidéos de méditation, des informations sur les ressources d'aide psychologique disponibles dans sa région, en lui offrant mon écoute et mes conseils. J'ai aussi fait travailler les employés de Postes-Canada avec les incalculables colis que je lui ai fait parvenir pour tenter de lui remonter le moral.

J'ai aussi pris la responsabilité d'épargner mes parents, surtout ma mère. Elle recevait déjà plusieurs appels outremer de détresse en pleine nuit, je ne voulais pas l'inquiéter avec nos conversations qui me faisaient parfois très peur. Je me souviens avoir paniqué après avoir reçu des messages totalement incompréhensibles sur Messenger. Là, c'était trop pour moi, j'ai donc appelé mon père afin qu'il entre en contact avec lui pour vérifier son état. J'ai déjà aussi pris contact avec la propriétaire de son logement afin de m'assurer qu'il était bien chez lui, en vie.

Ça a duré un long moment, jusqu'à son hospitalisation en psychiatrie. Merci à la personne qui a réussi à le convaincre d'entrer à l'hôpital pour y recevoir l'aide nécessaire et le diagnostic de santé mentale qui allait lui permettre d'établir un plan de traitement. Ce séjour m'a aussi aidée à reprendre mon souffle et à me détacher un tant soit peu de son malaise profond. Sans devenir froide. Seulement mettre une distance afin de me protéger.

Comme Anaïs, mon frère a besoin de médication, de suivi médical et psychologique, de l'appui de ses amis et de sa famille et de temps d'adaptation. Tout comme Isabelle, j'essaie du mieux que je peux d'être présente pour lui dans cette aventure houleuse. Mais, je dois aussi me souvenir que ma santé mentale est importante et que je dois en prendre soin, même si c'est parfois très difficile de mettre des limites.

Si tu es un proche d'une personne au prise avec des problèmes de santé mentale ou avec des idées suicidaires, ne reste pas seule. Il existe de l'aide pour toi: travailleurs sociaux et psychologues, organismes de soutien psychologique, programme d'aide aux employés, l'Association québécoise de prévention du suicide et le réseau Avant de craquer.

« Avant de craquer » est un vaste réseau de soutien, d’information et de référence qui a été initié par la Fédération des Familles et Amis de la Personne Atteinte de Maladie Mentale (FFAPAMM).


Le 10 septembre, c'est la Journée mondiale de la prévention du suicide. 

Valérie avec son texte «Prévenir l'irrémédiable» avait aussi abordé la question de la Semaine de la prévention du suicide en janvier dernier sur le blogue. N'ayons pas peur d'en parler entre amis, en famille et sur les médias sociaux. En mémoire des personnes qui se sont enlevées la vie, de celles qui sont toujours présentes après un épisode d'idées suicidaires ou de tentative de suicide, et en soutien aux endeuillés, ce soir à 20h, allume une chandelle pour la prévention du suicide et utilise le #PréventionSuicide sur Facebook, Instagram ou Twitter.


Si tu as peur pour un de tes proches ou que tu te sens en détresse, compose sans tarder le 1-866-APPELLE. 

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