La course à pied: une mode ou un plaisir?

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Crédit: Mathieu Bélanger-Marathon SSQ

Jour d'anniversaire

C’est une journée bien spéciale, je souffle une bougie de plus sur mon gâteau d’anniversaire. Vieillir n’est jamais facile. Je vois le temps filer, mes filles grandir et il y a tellement de choses que je veux accomplir. Je manque de temps pour tout faire. Je vis continuellement comme si la vie s’arrêtera demain. Arrivée à ma retraite avec des «j’aurais donc dû...», ça ne me tente pas.

Chaque année, j’aime bien faire une rétrospective des mois qui viennent de passer. J’avais dans ma to do list de courir le Marathon SSQ de Québec. Certains y verront une grande admiration, mais derrière ce défi se cache plusieurs sacrifices. J’ai dû renoncer à plusieurs activités et 5 à 7, me lever à l’aurore pour faire ma sortie de course quotidienne, dire non à la petite coupe de vin du samedi soir et surveiller mon alimentation de près.

Dimanche dernier, avait lieu le jour J. Sur le fil de départ, j’étais très fébrile et confiante que les mois de préparation me mèneraient à mon objectif. Le parcours était magnifique, mais parsemé de côtes pour venir challenger mon défi. J’ai voulu abandonner, surtout au moment où j'ai senti mes muscles me lâcher et que dans ma tête tournait en boucle: «Arrête! tu ne vas nulle part, ça donne rien ce que tu fais». C'est là que trois filles sont apparues sur le parcours avec une joie de vivre contagieuse. J’ai emboité leurs pas de course et nous avons terminé le parcours ensemble avec une fierté immense. Sans le savoir, ces filles m’ont poussée à donner le meilleur de moi-même.

Plaisir ou obligation?

Au moment d’écrire ces quelques lignes, j’ai les pieds complètement en compote et pratiquement tous les muscles de mon corps font mal. La question est: pourquoi s’infliger une telle souffrance? Pourquoi chercher à toujours aller plus loin? Pourquoi vouloir se donner un autre défi? Sûrement parce que le sport sécrète la production d'endorphines qui procure un sentiment de bien-être et de bonheur. Sans oublier qu'il améliore notre productivité. J’ai souvent comparé mes défis sportifs à un accouchement: une longue préparation, un accouchement intense et douloureux, mais quel bonheur de tenir son enfant dans ses bras. Les épreuves de la maternité ne m’ont pas empêchée d’avoir d’autres enfants. La course est pour moi le même cheminement, malgré les courbatures du lendemain, rien ne m’empêchera pas de continuer.

Une activité populaire

Le jogging gagne en popularité et le nombre d’événements de courses a doublé depuis les cinq dernières années. Est-ce devenu une mode? Est-ce que les gens sentent qu’ils doivent le faire parce que tout le monde le fait? Courir est une passion pour moi. J’adore en parler autour de moi. On me demande conseil et j’en suis très fière. Il ne faut surtout pas le faire à cause de cette popularité. Je dis souvent à mon entourage, tu n’aimes pas courir, alors, ne cours pas. Point. Le faire seulement parce que c’est in n'est pas une bonne idée. Il faut que l'entraînement soit agréable pour persévérer et atteindre ses propres objectifs. Bien choisir le type d’activité qui nous convient est essentiel et il est permis d’essayer et de ne pas aimer. Se lancer dans la course à pied sans préparation physique et mentale n’est pas bon pour notre corps. Il faut se laisser du temps pour apprivoiser cette activité. Il est légitime de ne pas suivre la mode.

En mode relax

En repos pour quelques semaines, le temps de donner à mon corps un répit, j’envie les coureurs que je vois passer dans ma rue. Je ne peux pas expliquer le sentiment qui m’habite. Une habitude ou une envie folle de bouger pour taire mon hamster mental? Une dépendance? Aucune idée, mais chose certaine je suis déjà en mode réflexion à savoir ce que je veux faire pour la prochaine année.

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